L’autre jour, l’une des premières choses que m’a dit le couple qui me consultait c’est qu’iels cherchaient un.e thérapeute qui ne les jugerait pas, ni l’un.e, ni l’autre.
Et puis, 2 jours plus tard, je tombe sur une vidéo de @lucaslepsy, dans laquelle il expliquait que parmi les raisons qui poussent les individus à « consulter » l’IA plutôt qu’un psy il y a la peur du jugement…
Tout ça m’a interpellé. Dans mon imaginaire, le.a psy, le.a thérapeute, c’est justement THE personne qui n’est pas là pour te juger. Comment en sommes-nous arrivés là ?
Déjà, c’est quoi la peur du jugement ?
C’est la crainte d’être mal évalué·e, critiqué·e, rejeté·e ou perçu·e négativement par les autres. Elle touche l’image de soi, l’estime personnelle et le sentiment de sécurité.
En soi, c’est donc une réaction humaine normale, mais ce mécanisme de protection peut devenir limitant et souffrant lorsqu’il influence les choix, les comportements ou la liberté d’être soi. Je rappelle que nous sommes des êtres sociaux, être accepté par le groupe, c’est humain et primordial.
Ainsi, la peur du jugement se construit souvent très tôt. Elle est influencée par l’environnement familial et les expériences relationnelles : la manière dont on a été regardé·e, encouragé·e, critiqué·e ou soutenu·e. Quand l’affection, la sécurité ou la valorisation dépendaient du fait de “bien faire”, le cerveau apprend vite que l’erreur ou l’imperfection peuvent mettre le lien en danger.
Enfin, elle est amplifiée par le contexte social et culturel : normes de performance, pression esthétique, réseaux sociaux, injonctions de genre. On vit dans un monde de performance, même individuelle, où l’on est constamment observé·e, évalué·e, commenté·e — ce qui active naturellement cette sensibilité au jugement.
On en arrive donc au point où on pense que même des professionnels formés pour nous accompagner sur des thématiques sensibles peuvent nous juger. Et bien sûr qu’il y a des professionnels (de santé, thérapeutes, psy etc…) qui peuvent le faire, manquent cruellement d’empathie et de d’accueil de l’autre dans son individualité.
Parfois, l’alliance thérapeutique ne se fait pas, sans que cela ne révèle une quelconque faute du thérapeute. Alors si vous ne le sentez pas, si vous ressentez une gêne au fond de vous, ne forcez pas.
La peur du jugement n’est pas une fatalité. Elle se travaille, se régule, se transforme. Pas en “se forçant à ne plus avoir peur”, mais en rééduquant doucement nos habitudes de pensées, l’estime de soi et les habitudes relationnelles. On trouve toujours la bonne personne qui nous accompagnera sur un bout de notre chemin.
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