8 MARS

Le 8 mars n’est pas une célébration, un jour où il faut offrir des fleurs à sa partenaire ou pire un aspirateur. C’est un rappel : celui des luttes pour nos droits.

En tant que sexologue, je vois combien les inégalités intimes et relationnelles persistent, je vois combien les inégalités systémiques et de genre influent sur l’individu, sa santé mentale, son quotidien.

 

Issue des luttes féministes du début du 20ème siècle, c’est la Russie soviétique qui est le premier pays à officialiser cette journée en 1921 en faisant un jour férié. L'événement restera principalement cantonné aux pays du bloc socialiste jusqu'à la fin des années 1960, lorsqu'il sera repris par la deuxième vague féministe.

Reconnue par l’ONU depuis 1977, c’est une journée de manifestations à travers le monde : l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes dans la société et de revendiquer plus d'égalité en droits.

 

Pourquoi cette journée reste nécessaire :

Les inégalités hommes/femmes persistent, dans le travail, la santé, la charge mentale, les revenus, la sécurité, l’éducation des enfants…

Les violences faites aux femmes restent massives, qu’elles soient physiques, psychologiques, économiques, sexuelles ou institutionnelles.

Les violences invisibles (injonctions, stéréotypes, scripts genrés) continuent d’impacter le quotidien et l’intime.

L’accès à la santé sexuelle et reproductive n’est pas égal, et reste un enjeu majeur dans de nombreux pays — y compris en Europe.

Les minorités de genre font face à des discriminations spécifiques, souvent peu reconnues ou mal comprises.

Les avancées obtenues ne sont jamais acquises, et nécessitent d’être rappelées, protégées, consolidées.

 

Idées reçues :

 

« Mais les femmes ont déjà les mêmes droits dans la loi. »

Confusion entre égalité juridique et égalité réelle (écart salarial encore de 14,9% selon l’Insee)

Invisibilisation des écarts persistants (revenus, sécurité, santé, charge mentale, violences) et confusion entre privilèges et mesures de rattrapage.

Idée que la loi suffit à régler les problèmes, alors que les pratiques sociales, culturelles et institutionnelles restent inégalitaires.

 

« On n’a plus besoin du 8 mars, c’est dépassé. »

Minimisation des violences encore massives (au 24/02/2026, on dénombre 12 féminicides)

Méconnaissance des inégalités actuelles (temps domestique, carrière, santé sexuelle).

Rejet des sujets féministes, perçus comme des menaces de l’ordre établi.

 

« Les hommes aussi souffrent, pourquoi il n’y a pas une journée pour eux ? »

Perception erronée du 8 mars comme une “journée pour célébrer les femmes”.

Confusion entre visibiliser des oppressions structurelles et “mettre un groupe en avant”.

Sentiment de concurrence entre les luttes, au lieu de comprendre les dynamiques systémiques.

 

« Le féminisme va trop loin. »

Peur du changement des normes sociales et traditionnelles, ou de perdre ses privilèges.

Incompréhension de ce que le féminisme vise réellement (égalité, autonomie, sécurité et non pas un système oppressif matriarcal).

 

« La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l’exercice des droits naturels de la femme n’a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison. » Olympe de Gouges - Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791).

 

 

Sources :

https://www.noustoutes.org/comprendre-les-chiffres/

https://www.unwomen.org/fr/nouvelles/annonce/2026/01/journee-internationale-des-femmes-2026-droits-justice-action-pour-toutes-les-femmes-et-les-filles

https://www.insee.fr/fr/statistiques/8306751

https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/accelerer-legalite-professionnelle-et-lautonomie-economique-des-femmes

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